samedi 21 avril 2018

Petit jeu de lettre 2018 (161)

ACATALECTIQUE

Suite à mots en vrac : AAAEEIUCCLQTT

Avec les anagrammes suivants : actualité, acquitte, Cecilia, Lucette, Laeticia, attaque, tactile, calque, étale, attaquée, cycliques.

Puisque le poème acatalectique est d'actualité ,je m'acquitte de cette tâche en alexandrins.

Cecilia adore la campagne
Lucette préfère la montagne
Laeticia l'écran tactile d'ordi
Chacune chemine sur sa route
Avec joies, espoirs, tristesse et soucis 

Maintenant que les prénoms sont posés, 
Vais à l'attaque d'un autre sujet
Calque mon attitude poésie
Sur  instants calmes de mon existence.
J'étale  mon savoir sur douze pieds.

Et là j'en ai marre et j'arrête tout
Car je me sens attaquée de partout. 
Dès que j'écris, pleuvent les critiques
Loin de moi les malveillants cycliques!

Violette Dame mauve le 22 avril 2018

Pour jeu géré par Lady Marianne

Abécédaire anadiplose 1 lettre A


Cet abécédaire concerne un poème en anadiplose et devra commencer par la lettre A  

Le mot de fin du premier  vers  doit correspondre au premier de la phrase suivante . A...B - B...C C...D et le dernier vers doit finir par le mot du début du premier. La longueur du poème est à votre convenance, le minimum étant quatre vers comme ci dessous

Anadiplose pas vraiment facile comme exercice
Exercice ici pour donner un exemple
Exemple à suivre avec lettre de l'alphabet
Alphabet en vrac possible mais en anadiplose

Violette Dame mauve le 21 avril 2018 mais c'est pour le 28, je le mets en avance comme exemple

La lettre B sera pour le 5 mai 2018

jeudi 19 avril 2018

La rime imposée avec OME


Rêverie...

Elle suit, inquiète, l'ombre étrange du fantôme.
Il file entre les colonnes de cloître sous le dôme
Là, il disparaît comme happé dans ce royaume
De l'infini, sous l'immense plaque en chrome.
Qui est-ce donc? Effacé le nom du gentilhomme,
 les décennies ont donné  grand coup de gomme.
Âme est-elle perturbée pour quitter son home ? 
Dame s'en retourne vers maison au toit de chaume
Sur la route pavée, rencontre un petit bonhomme
Aimable, Il lui sourit mais nullement se nomme
Il lui tend un fruit, apparemment une pomme,
Elle croque, soudain hurle, et sort de son somme.
Elle s'est mordu la main! A côté d'elle, Jérôme
La fixe interdit!  Qu'arrive-t-il à son binôme?
Si elle s'endort, pas prête d'avoir son diplôme!

Violette DM le 19 avril 2018

La prochaine rime pour le 26 avril 2018 sera ERNE

Merci de vos participations

LADY MARIANNE
JAZZY
GHISLAINE
COVIX


mardi 17 avril 2018

Elsa de Louis Aragon

ELSA

Tandis que je parlais le langage des vers
Elle s'est doucement tendrement endormie
Comme une maison d'ombre au creux de notre vie
Une lampe baissée au coeur des myrrhes verts
Sa joue a retrouvé le printemps du repos
Ô corps sans poids posé dans un songe de toile
Ciel formé de ses yeux à l'heure des étoiles
Un jeune sang l'habite au couvert de sa peau
La voila qui reprend le versant de ses fables
Dieu sait obéissant à quels lointains signaux
Et c'est toujours le bal la neige les traîneaux
Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables
Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis
Qu'elle reste pareille aux marches du silence
Qui m'échappe pourtant de toute son enfance
Dans ce pays secret à mes pas interdit
Je te supplie amour au nom de nous ensemble
De ma suppliciante et folle jalousie
Ne t'en va pas trop loin sur la pente choisie
Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble
J'ai peur éperdument du sommeil de tes yeux
Je me ronge le coeur de ce coeur que j'écoute
Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route
Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux

Louis Aragon

Pour


dimanche 15 avril 2018

Petit jeu de lettre 2018 (160)


          Ce n'est pas vraiment une circumincession religieuse car laïque, mais en tous les cas une coalition entre  l'insoumise aux traditions, et ses témoins.  Les soucis sont provoqués sciemment, de quoi provoquer des insomnies. Corsé sera le retour de bâton! 
          Avec son joli minois,  elle dirige les réunions sans se préoccuper du mal qu'elle engendre. Ses torts ne sont jamais reconnus. Ses amies sont toujours des soeurs... noircies peu de temps après et retournées dans l'anonymat. Chaque élément du groupe insinue des choses qu'il ne maîtrise pas. Une situation inouïe !
           Seule issue de secours, tous les ignorer!

Violette DM le 15 avril 2018

Pour jeu géré par Lady Marianne

Mot à trouver : circumincession
Anagrammes : insoumise - soucis - insomnies - corsé - minois - reconnus - soeurs - insinue -inouïe - issue - secours.

jeudi 12 avril 2018

La rime imposée avec ARDE



Dans la nuit étoilée la lune est blafarde
Là où le ciel quelques nuages, canarde.
 La vive Tramontane les chasse, gaillarde,
Vers des terres où il pleut des hallebardes.
Elise contemple tout cela de sa mansarde
Et vite ferme les fenêtres en sauvegarde.
Elle soupire, pense à sa vieille guimbarde
 dans la cour mais nullement se hasarde
à sortir par ce temps. monte la moutarde
car en à marre de cette pluie bâtarde!

Violette DM le 12 avril 2018
pour

La prochaine rime sera OME et ses dérivés pour le 19 avril 2018

Merci de vos participation





mardi 10 avril 2018

L'Attente de François Coppée

L’Attente

À Auguste Vacquerie
Au bout du vieux canal plein de mâts, juste en face
De l’Océan et dans la dernière maison,
Assise à sa fenêtre, et quelque temps qu’il fasse,
Elle se tient, les yeux fixés sur l’horizon.
Bien qu’elle ait la pâleur des éternels veuvages,
Sa robe est claire ; et bien que les soucis pesants
Aient sur ses traits flétris exercé leurs ravages,
Ses vêtements sont ceux des filles de seize ans.
Car depuis bien des jours, patiente vigie,
Dès l’instant où la mer bleuit dans le matin
Jusqu’à ce qu’elle soit par le couchant rougie,
Elle est assise là, regardant au lointain.
Chaque aurore elle voit une tardive étoile
S’éteindre, et chaque soir le soleil s’enfoncer
À cette place où doit reparaître la voile
Qu’elle vit là, jadis, pâlir et s’effacer.
Son cœur de fiancée, immuable et fidèle,
Attend toujours, certain de l’espoir partagé,
Loyal ; et rien en elle, aussi bien qu’autour d’elle,
Depuis dix ans qu’il est parti, rien n’a changé.
Les quelques doux vieillards qui lui rendent visite,
En la voyant avec ses bandeaux réguliers,
Son ruban mince où pend sa médaille bénite,
Son corsage à la vierge et ses petits souliers,
La croiraient une enfant ingénue et qui boude,
Si parfois ses doigts purs, ivoirins et tremblants,
Alors que sur sa main fiévreuse elle s’accoude,
Ne livraient le secret des premiers cheveux blancs.
Partout le souvenir de l’absent se rencontre
En mille objets fanés et déjà presque anciens :
Cette lunette en cuivre est à lui, cette montre
Est la sienne, et ces vieux instruments sont les siens.
Il a laissé, de peur d’encombrer sa cabine,
Ces gros livres poudreux dans leur oubli profond,
Et c’est lui qui tua d’un coup de carabine
Le monstrueux lézard qui s’étale au plafond.
Ces mille riens, décor naïf de la muraille,
Naguère, il les a tous apportés de très loin.
Seule, comme un témoin inclément et qui raille,
Une carte navale est pendue en un coin ;
Sur le tableau jaunâtre, entre ses noires tringles,
Les vents et les courants se croisent à l’envi ;
Et la succession des petites épingles
N’a pas marqué longtemps le voyage suivi.
Elle conduit jusqu’à la ligne tropicale
Le navire vainqueur du flux et du reflux,
Puis cesse brusquement à la dernière escale,
Celle d’où le marin, hélas ! n’écrivit plus.
Et ce point justement où sa trace s’arrête
Est celui qu’un burin savant fit le plus noir :
C’est l’obscur rendez-vous des flots où la tempête
Creuse un inexorable et profond entonnoir.
Mais elle ne voit pas le tableau redoutable
Et feuillette, l’esprit ailleurs, du bout des doigts,
Les planches d’un herbier éparses sur la table,
Fleurs pâles qu’il cueillit aux Indes autrefois.
Jusqu’au soir sa pensée extatique et sereine
Songe au chemin qu’il fait en mer pour revenir,
Ou parfois, évoquant des jours meilleurs, égrène
Le chapelet mystique et doux du souvenir ;
Et, quand sur l’Océan la nuit met son mystère,
Calme et fermant les yeux, elle rêve du chant
Des matelots joyeux d’apercevoir la terre,
Et d’un navire d’or dans le soleil couchant.
François Coppée, Poèmes modernes

Pour mardi poésie géré par Lady Marianne