mercredi 30 avril 2014

Pour atelier de Ghislaine n°52


Faire un texte

1) Les mots imposés : anniversaire - année - printemps - amies - aide - amitié - rencontre - solidarité - atelier.

2) ou avec douze mots à trouver finissant en IDE
Floride - intrépide - splendide - sordide - humide - néréides - solide -insipide - fluide - avide - limpide - torride.


          Aujourd'hui, un anniversaire important, celui de sa rencontre avec son ami Steven en Floride. Un visu entre deux personnes intrépides de quarante printemps. C'était un 25 avril de l'année 2010 lors d'une splendide journée ensoleillée. Ils s'étaient connus sur Internet, pas une sordide histoire en dessous de la ceinture! Au début, une communication en toute amitié, une solidarité lors d'événements tragiques respectifs, une aide morale au téléphone. Puis le jour béni où enfin ils se virent, les yeux humides, dans son atelier de peinture. Elle aimait le thème des néréides des toiles à l'huile, l'on sentait la solide expérience du peintre, ce n'était ni insipide ni trop coloré, tout dans la juste mesure. Entre-eux passait un fluide incroyable et inattendu, loin de la simple relation amicale! Plutôt un amour torride qui transforma la journée en passion avide de se sentir l'un contre l'autre. C'était devenu si limpide ! Il s'aimaient depuis de longs mois!

          Dame mauve le 30 avril de l'an 2014



mardi 29 avril 2014

C'est mardi. Comment écrivez-vous ?


          Pour l'instant, en dehors des réponses aux commentaires, je n'ai rien écrit. j'ai vérifié un texte mais sans le toucher.
          J'ai encore fait trois cartons, l'empilement devient monstrueux alors je vais vider une pièce, ma chambre, dormir dans le bureau et mettre tous les cartons dans une seule pièce. Un collègue de mon mari va venir chercher certains meubles que je n'emmènerai pas dans le Sud.
      Je vais seulement me pencher sur mes manuscrits dans une heure car je ne reste jamais une journée sans écrire.    


Dame mauve le 29 avril de l'an 2014

lundi 28 avril 2014

Je ferme les yeux : atelier de Leiloona n°123


Je ferme les yeux, le temps s'écoule lentement
Comme dans ma vie les derniers moments.
Je ferme les yeux sur la misère du monde,
J'ai eu ma part d'événements immondes.
Les rides témoignent de mon activité passée
comme la fatigue affaiblit mon dos courbé.
Agressions dans métro, je m'en fous
Plus la force de supporter les coups.
Alors je ferme les yeux et j'oublie tout.

Dame mauve le 28 avril de l'an 2014



dimanche 27 avril 2014

Lettres en vrac chez Missnefer : LRFAONEGR


les 9  lettres en vrac : LRFAONEGR

Le mot à trouver : flagorner
Définition : répandre des nouvelles - flatter quelqu'un bassement et avec insistance.

Les anagrammes

Oranger - Angelo - ronfler - rognera - lorgné - frôlera - gonfler.

          Sous l'oranger, à l'abri du soleil, Angelo est en train de ronfler à en faire trembler les feuilles, las de flagorner le voisin pour qu'il lui vende une partie de son terrain pour agrandir son orangeraie. Ce dernier, pas du tout décidé se dit que personne ne rognera ses terres. Ce n'est pas la première fois que son terrain était lorgné. Tant qu'il ne frôlera pas la faillite, il tiendra le coup. Ils commençaient vraiment tous à le gonfler!

Dame mauve le 27 avril de l'an 2014

vendredi 25 avril 2014

Un jour sans...


Le temps et gris et grise est son humeur 
Si l'on rajoute à cela les dires d'un daubeur
Alors l'atmosphère devient toute en lourdeur.

Elle aurait besoin de l'aiguille du ravaudeur
Pour raccommoder les pièces de son coeur
Et faire face à l'impassible amant écorcheur.

Mais les discours deviennent rabâcheurs, 
Elle a besoin d'air, de liberté, de fraîcheur
Non de mots inutiles pour mauvais coucheur.

Elle va instaurer une certaine rigueur
Dans son existence aux regrets ravageurs.
Tout dans les oubliettes, adieu les prêcheurs!

Si cela devait déplaire à l'immonde gâcheur
Et bien tant mieux!  Qu'il revoit ses valeurs
Dans son monde de menteurs et de tricheurs.

Dans sa jalousie, il était l'homme rageur,
Avec indifférence il devient  quémandeur,
Bien loin petits compliments louangeurs!

Qu'il continue maintenant sa vie de dragueur
Elle n'en peux plus de cet amour constricteur
Où émotions et sentiments se joignaient à la peur.

Vous pensez : De quoi donc avait-elle eu si peur?
Simplement qu'il ne l'aime plus cet acteur!
C'est fini... Adieu et bon vent à toi le contempteur!

Dame mauve le 25 avril de l'an 2014

Pour information, ce n'est pas biographique.... Juste envie de faire un poème avec des rimes en "eur"

S'amuser ainsi, un vrai bonheur!

jeudi 24 avril 2014

Paul Géraldy : ses oeuvres

Paul Géraldy

 de son vrai nom : Paul Lefèvre
Parisien né le 6 mai 1885
Décédé à Neuilly-sur-Seine le 10 mars 1983
Poète et dramaturge français

Son premier recueil : "les petites âmes" en 1908
Le grand succès "Toi et Moi" en 1912
"Vestiges" en 1948
"Vous et moi" en 1960
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Une poésie simple, émotive à souhait avec des accents de naïveté, certains diraient : désuète, mais j'adore cette poésie non agressive qui laisse paraître des sentiments vrais.
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Quant à son théâtre, il est surtout psychologique et traditionnel où il met en évidence les relations familiales.

"La comédie des familles" le 24 mars 1908
"Les noces d'argent" le 5 mai 1917.
"Aimer" le 5 décembre 1921
"Les grands garçons" le 18 novembre 1922
"Si je voulais..." le 22 mai 1924
"Robert et Marianne" le 23 novembre 1925
"Son mari" le 4 mars 1927
"L'homme de joie" le 24 février 1929
"Christine" le 11 novembre 1932
"Do, mi, so, do" le 21 décembre 1934
"Duo" le 10 octobre 1938
"Première étape" le 30 novembre 1943
"Quatuor" en 1955
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Il est également l'auteur de récits

"La guerre Madame" en 1916
"Le Prélude" en 1938
"L'homme et l'amour" en 1951.
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Une citation de Sacha Guitry
"Il parle de l'amour, mais en connaissance de cause car il a beaucoup aimé, et beaucoup été aimé"
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Alors pour ceux ou celles qui pensaient que je parlais d'un sinistre inconnu, je trouve qu'il a quand même un beau Palmarès!

"Toi et moi" de Paul Géraldy suite : XI


Tiré du fascicule "Toi et Moi"

XI 
Tendresse

Tu m'aimes ?... Qu'est-ce que tu fais ?
Tu ne dis rien. Mets-toi plus près.
Laisse ces choses qui t'occupent,
et viens t'étendre, ici, voyons.
Je ferai bien attention,
je ne friperai pas ta jupe.
Otons les coussins s'ils te gênent.
Tâchons de nous installer bien.
Et donnez- moi vos mains, vilaine,
et mettez vos yeux dans les miens.

Si vous saviez comme on vous aime!
Regardez-moi mieux... Encore mieux !
çà doit bien se voir dans mes yeux
que je t'ai donné tout moi-même!
Tu le vois dis ? Tu le comprends ?
Mon amour, ce soir, est si grand,
si grave, si profond, si tendre!...
Mais non, tu ne peux pas comprendre...
Tu dis que si ? Tu es gentil.
Je te dis tout çà, mon petit,
c'est pour que tu te rendes compte
que tu saches... Enfin, voilà.

Regarde : les larme me montent.
Et rien n'existe, et rien ne compte
que ces yeux-là, que ce front là.
Penche ta tête un peu du côté de la lampe,
et laisse-moi, comme un bandeau,
lettre les paumes de mes mains contre les temps...
Ainsi c'est bien vrai mon petit oiseau ?
Ils résument pour moi les tendresses suprêmes,
ces doux yeux attentifs, ce joli front égal ?...
C'est vrai, dis? C'est vrai?... je t'aime! Ah! Je t'aime!...
Je voudrais te faire du mal.

(Paul Géraldy recueil de 1912)

Dame mauve le 24 avril de l'an 2014




Atelier de Ghislaine N°51



          Dans la cuisine exiguë l'épluchage de la mangue était un peu longuet. Il fallait être dingue pour se mettre dans un tel guêpier afin de faire un dessert spécial pour ce soir. Vivement qu'elle déménage pour qu'elle puisse enfin avoir de la place, dans une vraie cuisine, où elle pourra danser la gigue sans se cogner! Plus besoin de tanguer sur un pied ou sur l'autre pour éviter que les casserole se fassent la malle au sol. Elle avait relégué les robots et hachoirs au fond d'un placard et ne s'en servait jamais par flemme de tout installer. Bon, les invités allaient arriver, inutile de divulguer sa mauvaise humeur!

Les mots imposés : exiguë - mangue - longuet - dingue - guêpier - gigue - tanguer - reléguer - divulguer.

Dame mauve le 24 avril de l'an 2014

lundi 21 avril 2014

Adieu Papa : atelier de Leiloona n°122


Papa je te fais un bisou
Tu vas me manquer beaucoup
Je déteste ce métro
J'aimerais qu'il s'arrête
Pour t'entendre dire :
"Je t'aime ma Pépette"
Pourquoi est-ce que maman
Ne veut pas rester avec toi ?
Je vous aime tous les deux!
Je pleure et j'ai mal aux yeux.
Je ne te vois plus,
Où es-tu ?

Dame mauve le 21 avril de l'an 2014

Modalités du jeu d'écriture en cliquant sur l'image.

dimanche 20 avril 2014

Roquentin - jeu de lettres chez Missnefer


Modalités en cliquant sur l'image


          Le mot à trouver était : Roquentin : Un vieillard qui se ridiculise en voulant jouer le jeune homme.

Les anagrammes : 
trinqué – roquet – requin – réunion – optique – ornent - toqué


          Regardez un peu ce roquentin dans sa Mercedes décapotable !  En plus, Il a trop trinqué  lors de sa réunion alors il zigzague sur la départementale en klaxonnant ! Sa vision d’optique doit être un peu chamboulée !   Il passe entre les lampadaires qui ornent la rue suivante.  Quel abominable roquet qui en affaire est un véritable requin, ce qui lui permet de se payer ce genre de véhicule ! Un toqué friqué qui drague tout ce qui porte jupon !

Dame mauve le 20 avril de l'an 2014

vendredi 18 avril 2014

Est-ce vraiment une triste histoire ?



Toi et moi, un mélange explosif
Assis tous deux sur la dynamite,
Avec un certain courant alternatif.

Tu joues au chat et à la souris, 
Un jour tu m'aimes et tu le dis,
Les jours suivants tu l'oublies.

jeudi 17 avril 2014

"Toi et moi" suite de Paul Géraldy


X

Doute

Tu m'as dit : "Je pense à toi tout le jour"
Mais tu penses moins à moi qu'à l'amour.

Tu m'as dit : Mes yeux mouillés
Qui ne peuvent t'oublier
restent toujours éveillés
lorsque je me couche"

Mais ton coeur est moins grisé qu'amusé<;
Tu penses plus au baiser qu'à la bouche.

Tu ne te tourmentes point. 
Tu sais sans chercher plus loin,
que nos joies sont bien les nôtres.
Mais l'amour en a besoin. 
M'aimerais-tu beaucoup moins
si j'étais un autre ?

(Paul Géraldy)

Dame mauve le 17 avril de l'an 2014

Vitrine des souvenirs - 7 - Nouveaux éléments suite...


Les épisodes précédents en cliquant sur l'image

Nouveaux éléments suite

          L’affaire prenait une autre tournure, un éclairage différent. Une petite lumière venait de s’allumer dans le cerveau inspiré de Tonio Perlicchi. Nelson ne savait sur quel pied danser. Que diable insinuait ce commissaire ? Connaissait-il le lac de Pierre Percée ? Ou son village ? Un minuscule temps d’arrêt,  Nelson Courtois comprit où voulait en venir le policier et répondit :

-        J’y connais surtout l’hôtel restaurant « Le chalet », un endroit paisible en dehors des périodes estivales.

mercredi 16 avril 2014

Pièges des sites de rencontre



Des sites de rencontre, de chat superficiels
Abusent  des êtres dans ce monde virtuel.
C'est l'apanage des escrocs des sentiments.
Le malin détecte de suite la vulnérabilité
D'une femme momentanément désorientée.
Il reconnait les signes d'une crise d'identité,
S'infiltre dans la brèche béante du moment
Enferme sa proie subtilement dans une forteresse.
Fait le vide autour d'elle et faussement s'intéresse
A ses problèmes de femme par époux, délaissée.
L'escalade s'intensifie au fil du temps passé
Avec son art de manier la parole avec adresse.
Pour lui éviter de reprendre raison et son sang froid,
La place dans l'obligation de justifier son comportement,
Pour la mettre davantage en désaccord avec elle-même.
Il ponctue chaque épisode narrée par l'éternel "Je t'aime".
Il la rend perméable à ses propres convictions et sa voix
Entre au plus profond de son âme et de son coeur.
La bête est ferrée et va porter les stigmates de la peur
De se retrouver seule face à un écran vide et muet.
Apparaissent la jalousie, l'impossibilité de réagir sous l'effet
D'une injonction hypnotique, des rouleaux compresseurs.
Elle ne se sent exister que par son  subtil interlocuteur.
Les émotions ne sont plus maîtrisées mais exacerbées.
L'homme devient de plus en plus conscient de son emprise
L'accuse de lui être infidèle car là est son propre problème
Il juge son attitude de par ses intimes malhonnêtes actions.
Quand elle prend du recul, immédiatement à l'abordage
Il revient et opère sans la moindre gêne à un sabotage
de la tentative d'évasion de celle qu'il veut être sa chose.
Mais voilà, la raison déjoue ses plans et une métamorphose
radicale commence à libérer du joug la dame moins éplorée.
Elle décortique tous les appels, mails et divers messages
Des incohérences apparaissent et soudain folle de rage
De s'être ainsi laisser berner, recouvre toute sa lucidité.
Le rideau tombe, finies les remontrances injustifiées.
Son existence reprend un cours beaucoup plus normal.

Dame mauve le 16 avril de l'an 2014
Images d'Internet

mardi 15 avril 2014

C'est mardi : comment écrivez-vous ?


Chez 

          Avec inspiration un peu triste, inspiration du matin, rare, car généralement elle arrive  au milieu de la nuit! Je vais éviter d'écrire l'après-midi car je risque d'être dérangée par l'agence immobilière qui peut faire visiter mon appartement de 15 heures 30 à dix-huit heures, uniquement les jours ouvrables. J'ai horreur d'être interrompue car je perds le fils de mes idées.
Je me sens lasse et sans entrain depuis quelques jours.
Bonne journée à tous

Dame mauve le 15 avril de l'an 2014

lundi 14 avril 2014

La châtelaine blanche




Elle vit au jour le jour,  l'âme, le coeur en émoi.
Les dernières nouvelles accroissent son désarroi.
Peur et jalousie s'insinuent en elle et tournoient
Dans son cerveau bousculé et que négatif foudroie.
Pourtant se plaindre, elle n'en a nullement le droit
Pas davantage exiger, verso de médaille la renvoie
Vers un passé insouciant qui finalement la rudoie.
Si tout pouvait s'effacer en comptant un, deux, trois!
Blanche châtelaine  sous l'effet du chagrin se ploie.
Elle veut cesser de souffrir, de se dire : pourquoi moi ?
Dans l'aiguière en cuivre elle prépare dernier octroi
Vers un voyage sérénité, désiré pour cette ultime fois.
Nulle prière, nul grief, juste un départ seule avec soi.
Elle l'aime tellement, sans espoir, alors il va de soi
Que  forteresse replie son pont-levis, dernière paroi
Entre deux mondes où elle ne sera plus la proie.

Dame mauve le 14 avril de l'an 2014


La roue de la vie


Cruel destin échappe à la mécanique de notre cerveau
Le déclin d’une vie chemine plus ou moins allegreto
Au courant de l’existence tout reste antinomique
Les antithèses pullulent devenant très antipathiques
L’aléatoire règne  en suspend dans l’air du temps
Jours, nuits se succèdent indifférents à nos sentiments
Les serments et les fredaines jouent leur rôle constant
La dragonne du mariage s’effiloche ou s’enhardit, se durcit
Des flip-flap très périlleux mettent nos cœurs à l’envers.
Faut-il pour cette raison que le meilleur soit abolit ?
L’espoir, oui, mais que reste-t-il de l’espoir dans cette affaire ?

Dame mauve le 14 avril de l'an 2014

La femme de Cracovie pour atelier de Leiloona n°121



Cuisine ou salle à manger désertée
Par jeune femme à l'attitude inspirée,
Souffre t-elle de migraine ou éplorée ?
Un tableau en clair-obscur naturel
Lettre annonce t-elle des nouvelles
De parents vivant au sud de Varsovie ?
Légende d'un souverain imaginaire
donnant son nom à la ville de Cracovie
La sortirait-elle de son mortel ennui ?
Pourquoi  pas un petit tour salutaire
Sur les rivages aménagés de la Vistule ?
Tout serait bon pour changer les idées.
Mais peut-être n'est-ce qu'une missive
reçue de loin, en amitié, explicative
Sur vie de chacun et non spéculative,
Juste une lettre d'un étranger destin
Lié par de très forts et émouvants liens.


Dame mauve le 14 avril de l'an 2014

dimanche 13 avril 2014

Brinquebaler : Jeu de lettres chez Missnefer



Le mot à trouver : Brinquebaler

Les anagrammes utilisés : Enrique, banquière, baleine, brûler, libérer, Aurélie, berline, ébranlé, braque.

Enrique en avait marre de toujours recevoir des messages de sa banquière, son compte était à découvert et alors ! Il dirait bien à cette baleine d’aller brûler en enfer mais elle serait bien capable de le libérer de tout souci en fermant son compte !
De plus, sa femme Aurélie, ne cessait de le harceler quand ils montaient dans leur berline délabrée, se faire brinquebaler dans cette ruine était un vrai supplice pour elle !

Mais il n’avait pas d’argent ! Ebranlé de tous les côtés, il hurla : Vous voulez que je braque une banque ou quoi !


Dame mauve le 13 avril de l'an 2014

vendredi 11 avril 2014

Vitrine des souvenirs : 7 Nouveaux éléments


Les épisodes précédents en cliquant sur l'image

7
Un élément nouveau

          Quel désordre dans ce bureau ! Tonio Perlicchi grommela : Je vais décalquer ces inspecteurs incapables de remettre les dossiers en place ! Il allait instaurer une politique drastique au sein de ce commissariat ! Quant à ces lettres anonymes qui avaient le don de l’énerver, il ne désirait pas leur donner trop d’importance car leurs déballages haineux étaient aussi décousus qu’invraisemblables. Désormais son but premier resterait la disparition de Serena Courtois. Il prendrait son temps mais il la retrouverait ; de toute façon personne ne pourrait faire deux bosses à un dromadaire s’il tarde à résoudre cette affaire. Finis les interrogatoires dans la dentelle ! Le premier empêcheur de tourner en rond allait avaler son dentier !
  
          Voilà justement que se présentait Nelson ! Le commissaire décida de désencrasser le cerveau de ce diplodocus frimant dans son costume trois pièces. Il lui prit la lettre des mains et :

-                 - Marre du disque des lamentations ! Monsieur Courtois si vous voulez que s’arrête la danse des écrits de ce genre, il faut m’en dire davantage sur votre vie de couple. D’autre-part, quel était le but réel de votre départ pour l’étranger ? Partiez-vous avec votre maîtresse ?

          Nelson choqué, par ce manque de délicatesse sentait le danger du suspect numéro un. Il tenta de protester mais le commissaire continua :

-           Donc, les sentiments en déclin, vous distilliez tous les deux, chacun dans votre coin, la liqueur aigre des remontrances ! Votre femme voulait-elle divorcer ?

          Mais non ! Le sujet ne fut jamais à l’ordre du jour ! Il aimait sa femme et il pensait partir avec elle ! Il n’avait pas eu le temps de lui en parler en raison de son malaise ! Madame Courtois était-elle cardiaque ? Non, pas du tout ! Ils faisaient souvent du jogging ensemble et elle tenait mieux le coup que lui. Alors pourquoi avoir joué au doryphore en jetant sa lance sur cette Florence quelque peu hystérique ? La phrase aurait pu être drôle en d’autres circonstances mais Nelson baissa la tête :

-                  - Je n’en suis pas fier mais c’est si loin !

          Ne pouvait-il être plus débrouillard afin que sa femme ne le sût jamais ? Il pensait que la vérité le mettrait à l’abri d’un chantage…. Serena pourrait avoir un amant… Avec quel dédain Nelson cria : Sûrement pas ! Pourquoi non ?

          Un inspecteur frappa à la porte et remit un rapport au commissaire. Il le lut et un sourire éclaira son visage, laissant apparaître quelques traces de dentifrice synonymes d’un départ précipité de la maison. Tous les matins, sa femme et lui se disputaient la salle de bain !

-                  - Monsieur Courtois, un nouvel élément donne une voie différente à cette affaire.

-                 -  Serena aurait-elle réapparue ?

-               -  Absolument pas ! Et pour cause ! Dans le dédale de nos investigations nous avons acquis une  certitude : vous ne nous avez pas tout dit sur vos activités tant professionnelles que personnelles….

A suivre…


26
Les mots imposés avec l'initiale D
Danger, deux, délicatesse, débrouillard, désirer, dédain, diplodocus, dentier, désordre, décalquer,drastique, douceur, dentelle, dentifrice, danse,désormais, dromadaire, don, dédale, déballage, doryphore, drôle, départ, disque, déclin, distiller.

mercredi 9 avril 2014

Vitrine des souvenirs : tous les épisodes


Tous les épisodes jusqu'à ce jour


1
Bouillon du matin

          Le ciel gris et les gouttes de pluie s’écrasant sur la vitre du velux formaient un ensemble désagréable semblable à l’humeur de Serena à son réveil.

          Encore sous l’influence d’un rêve étrange, irritant, la laissant pantoise quant aux souvenirs qui resurgissaient, elle se demandait ce qui pourrait bien l’apaiser. Comment colmater la tranchée béante des anciens dilemmes qui mettaient en évidence, avec effroi, la non guérison d’une blessure provoquée par la trahison de Nelson, son mari. La journée risquait d’être peau de chagrin.

          La douleur, quoique amenuisée après trente ans n’avait pas disparue, pas davantage la colère encore éprouvée, colère qu’elle n’avait pu exprimer autrefois tant elle se retrouva tétanisée par l’évènement. Etait-ce une nouvelle torture ? La fin de la paix de l’âme ? Les questions revenaient en force parce qu’elle culpabilisait d’avoir ignoré les indices précurseurs. Damnation ! Les maux de tête se profilaient à l’horizon et dressaient une barrière à sa bonne humeur matinale habituelle. Décision ? Faire front, combattre ces idées négatives. Inutile de prier le Divin, un travail sur elle-même était la seule solution.

          De son côté Nelson savait qu’il devait se sortir des emmerdements que lui causait cette ancienne aventure. Trente ans que Serena le serinait avec la douleur qu’il avait provoquée. A la moindre occasion elle lui faisait remarquer que leur intimité mourrait doucement à cause de lui. Qu’il n’était plus créatif comme au début de leur mariage. Mais à lui aussi la routine pesait ! Elle ne faisait plus le moindre effort, elle l’oppressait avec ses scènes de jalousie. Leurs relations étaient au ralenti et subissaient des pannes à répétition parce qu’il sentait bien qu’elle avait plus envie de bailler aux corneilles que de faire un geste pour l’aider. Ses soupirs n’étaient que de la comédie, pensait-elle qu’il allait éternellement zigzaguer entre les mensonges et les fausses excuses sans réagir ?

          La fatigue morale s’installait de jour en jour. Il n’en pouvait plus. Attablé devant un verre de whisky, le regard vide, les traits figés et dans un état de morosité extrême il venait cependant de prendre une décision. Son patron lui avait proposé un poste à l’étranger. Ce projet était une formidable opportunité.  Il devait en parler à Serena sans plus attendre. L’atmosphère étouffante de la maison l’incita d’abord à s’aérer le cerveau et le physique. Il enfila son jogging quand Serena lui dit d’un air soupçonneux : Vas-tu sortir avec cette pluie ? Où était le drame ? Il s’abriterait sous le xyste du gymnase !

2
Investigations douloureuses

          En voyant sortir son mari alors que l’averse redoublait de force, Serena se dit « Qu’a-t-il donc dans la tête en ce moment ? ». Après toutes ces années voilà qu’elle replongeait dans le gouffre de la jalousie. Son époux dirait qu’elle n’en était jamais sortie.

          Son inquiétude provenait de l’attitude étrange de celui-ci depuis quelques semaines. Le regard fixe, sombre, comme s’il se trouvait ailleurs, il ne lui répondait que par monosyllabe. Les crampes d’estomac devenaient de plus en plus fortes. Elle connaissait bien cette désagréable sensation qu’elle éprouvait en prémonition de chaque mauvaise nouvelle. En voyant le mobile de son mari sur le buffet une idée germa dans son esprit : Pourquoi ne pas consulter les appels de Nelson ? Non, Il pouvait rentrer et la surprendre et là, il était clair que la dispute serait violente ! Internet ? Oui bien sûr ! Elle avait le mot de passe du site de son compte pour avoir commandé le nouveau téléphone le mois dernier. Nelson disait ne pas savoir le faire, le pc étant pour lui une énigme tout comme l’envoi de SMS de son portable.

          La chasse aux informations commençait. Bonne ou mauvaise pioche ? Un numéro de mobile revenait souvent  et un appel sur le répondeur ! Elle tremblait en écoutant le message « Hello beau ténébreux, as-tu parlé à ton asociale Serena ? Rappelle-moi ». Elle devait absolument connaître l’identité de l’interlocutrice ! Elle consulta l’annuaire inversé et le message d’accueil du numéro composé : « Vous êtes bien chez Florence, je vous rappelle dès mon retour ». Florence! La collègue de Nelson ! Elle fixa l’écran comme hypnotisée, Nelson, lui avait envoyé un SMS suite à cet appel ! Et il prétendait ne pas être capable de cette manipulation ! Elle revoyait son air grandiloquent quand il l’accusait de ne pas lui faire confiance ! Quel comédien !

          Un autre chapitre se rajoutait au roman de sa vie, un nouvel acte d’une pièce dramatique sur la scène du théâtre de son existence. Scénariste impuissante de son propre film, incapable de faire une adaptation sensée avec les nouveaux éléments elle s’effondra en larmes. Elle fixa la photo de mariage et soudain tout se mit à tourner, une douleur atroce dans la poitrine puis… Plus rien…

          Nelson, prêt pour l’affrontement, entra chez lui d’un pas décidé. Ne voyant pas Serena il prit son portable et retourna dehors pour envoyer un message à Florence. « Je confirme, j’accepte, à toi de savoir ce que tu veux, je serai au bureau cet après-midi »

          Il retourna dans la maison et appela sa femme. Sa voix caverneuse et forte n’eut cependant aucun écho. Où diable se trouvait Serena ? Pas davantage devant l’ordinateur, vraiment très étrange ! Il avança dans la pièce… Mon Dieu Serena ! Elle gisait sur le tapis, inconsciente et d’une pâleur cadavérique. Il chercha son pouls, très faible mais elle vivait ! Quelques minutes plus tard, les pompiers la prenaient en charge, diagnostic : crise cardiaque !


3
Enigme et nostalgie

          Nelson ne put monter dans l’ambulance alors il décida de la suivre avec sa voiture. Le front posé sur le volant il se sentait moralement épuisé, son départ vers d’autres rivages semblait contrarié. Comment pourrait-il accepter cette mutation avec ce dernier évènement ? Il appela Florence et d’une voix lasse : « Je ne viendrai pas cet après-midi, Serena a eu un malaise… »  D’abord un silence lourd puis la réponse « Il ne faut pas te sentir responsable, c’était sûr que la nouvelle la bouleverserait… ».  Bien plus compliqué, il n’avait pas eu le temps de la mettre au courant.  Le feras-tu ? Etait-elle inhumaine à ce point ? Pas envie de tergiverser davantage, il s’inquiétait trop pour Serena alors il raccrocha.

          Suite aux premiers examens de Serena, les dires du médecin : Elle est très faible,  nous contrôlons à présent son rythme cardiaque mais le pronostic est réservé, vous pouvez la voir mais sachez que la moindre émotion forte pourrait lui être fatale. Le cardiologue était-il devin pour lui donner un tel conseil 
?
          Quand Nelson la vit sur ce chariot d’urgence, les épaules nues, le corps truffé de pastilles blanches reliés à des fils et caché sous un drap aussi blanc que son visage il ressentit un immense froid dans la poitrine. Elle ouvrit les yeux et murmura avec peine : je suis fatiguée de… Chut, elle ne devait pas parler, juste se reposer, il était là… Elle continua : tu as recommencé…. Puis ferma les yeux. L’appareil se mit à sonner.

          Après l’alerte, le médecin demanda à Nelson, de façon un peu brusque, de rentrer chez lui, pour l’instant sa patiente avait besoin de calme complet. Nelson Courtois n’eut pas la force de répliquer, il nageait dans l’inconnu, que signifiait la dernière phrase de sa femme ?

          Il se sentit misérable en entrant dans la maison vide. Il  avertit les enfants puis ouvrit le réfrigérateur sans savoir ce qu’il cherchait, l’esprit complètement ailleurs. Il s’allongea sur le canapé et, dans un semi coma, partit dans le passé. La nostalgie et le remord le gagnaient.

         En 1968, sortant de son bureau, il vit Serena, elle traversait l’asphalte sous une pluie battante en plein d’orage. La vision de la jeune fille était comme surnaturelle  sous le ciel assombri par de gros cumulus et les lueurs orange d’un réverbère électrique tout embué. Il eut pitié de la gracile silhouette en tailleur léger et s’approcha avec son parapluie. Cela ne fit aucune différence car elle était déjà trempée jusqu’aux os. Elle attendait l’autobus qui la ramènerait chez elle au Sablon, un quartier de Metz, et malheureusement, l’arrêt du car n’était pas protégé et rien autour pour se s’abriter. Il pouvait l’accompagner en voiture…. Elle hésita… Puis accepta car elle commençait à frissonner dans ses vêtements mouillés. A part son adresse, elle ne dit pas un mot durant le trajet. A la fin du parcours : merci infiniment monsieur. Pas monsieur mais  Nelson. Elle : et moi Serena.

          Nelson sourit à cette évocation, c’était beau mais si désuet aujourd’hui ! Quelle fille monterait dans la voiture d’un homme en toute insouciance en 2014 ! Il oublia le présent et fit appel à nouveau à sa mémoire…

          Avec Serena il partait de découverte en découverte. Ils avaient énormément de points communs : le goût pour l’évasion par la musique classique, les films romantiques, la peinture et surtout la même vision de l’existence à deux.  Ils se marièrent et eurent deux enfants, un garçon, Kevin, et une fille, Sophie.  Pourquoi avait-il fallu qu’après treize ans de vie commune il se laissât tenter par une aventure chimérique et sans lendemain ? Et surtout pourquoi avait-t-il eu besoin de tout raconter à Serena de peur qu’elle ne l’apprenne par la maîtresse devenue harcelante ? Une erreur de parcours qui coûta très cher à leur couple ! Le soleil avait disparu du regard de Serena. Elle lui avait jeté l’alliance et la bague sertie d’une améthyste à la figure,  avait pris ses distances et, pendant très longtemps, Nelson abandonna toute action de réconciliation.
          Ici, à ce moment précis de la remémoration, le portable de Nelson retentit. Ce n’était qu’un message de son opérateur… Il le relut plusieurs fois, ne comprenant pas tout de suite, puis… 

  
4

Découverte et colère

          Serena ! Ce ne pouvait être qu’elle… bien sûr ! Voilà la raison de sa dernière phrase ! Elle avait consulté son compte sur Internet ! S’était-elle imaginé, qu’il avait une liaison avec Florence ! Pouvait-il la blâmer ? Il fallait absolument remettre les pendules à l’heure, il ne pouvait la laisser croire une telle chose.

            Il savait que Florence avait un faible pour lui, mais ce n’était qu’une amie, la fille de son patron, à qui il avait confié un jour de spleen ses soucis et réflexions sur sa vie. Jamais il ne fut question du moindre rapprochement.

           Il enfila son manteau, il devait absolument parler à Serena et lui dire la vérité. Lorsqu’il ouvrit la porte, il se trouva face à Florence. Elle le fixa un moment et : Regardez-le ce grand dadais qui court vers sa femme alors qu’il voulait tout quitter !  Avant qu’il ne pût répondre elle continua : Et tu crois que je vais te laisser faire sans broncher ! J’ai passé des heures à t’écouter, à faire des projets et tu ficherais tout par terre pour un simple malaise de ton hystérique de femme !

          Devenait-elle dingue ? Il s’interrogeait : qu’est-ce qui avait pu amener sa collègue à une telle supposition ? Une simple soirée de confidences  où après un repas sommaire il avait raconté sa vie ? Les reproches injustifiés le mirent en colère. Tu as une imagination débordante, entre nous il n’y a et il n’y aura que de l’amitié bien que je doute de la tienne maintenant ! Elle s’accrocha à son cou mais il la repoussa brutalement. Elle hurla avant de s’en aller : Je me vengerai ! Tu vas payer pour ce que tu viens de me faire ! Bon sang, il n’avait pas besoin de cette nouvelle complication !

          Florence était une très jolie femme dans la quarantaine aux cheveux blonds courts et à la silhouette affriolante et voyante de surcroît, mais il n’avait aucune attirance pour elle. De plus il était son aîné de vingt cinq ans ! Il préférait le corps élancé de sa femme, ses cheveux châtains avec quelques mèches blanches laissées par les années mais qui n’enlevaient rien de sa beauté latino. De parents brésiliens, mais née en Lorraine, elle avait hérité leur peau mate, les cheveux presque noirs et les yeux très sombres aux longs cils recourbés la faisant ressembler à une poupée.

          Les enfants, Kévin et Sophie étant arrivés, ils partirent tous dans la voiture de Nelson. Durant le trajet assez long vers la clinique, depuis la rue Castelnau jusque sur le site de Mercy où avait déménagé l’ancien hôpital Notre-Dame de Bon Secours devenu CHR Metz-Thionville, personne ne dit mot, l’anxiété se ressentait pleinement dans ce silence humain. La radio annonçait les prochaines réunions sportives de la Fifa. Nelson pensa « Ils vont encore nous parler de ces athlètes qui se dopent » du coup il tourna le bouton.

         Les remords s’installaient de plus en plus dans l’esprit de Nelson. L’attraction de son égo fut considérable ces derniers temps, au point qu’il en avait oublié combien il aimait sa femme. Quel gâchis quelques jours avant leur quarante troisième année de mariage ! Comment avait-il pu envisager de la quitter en partant six mois à l’étranger ? Si l’on pouvait faire la météo de leur mariage, les trente dernières années seraient sous le signe de la pluie et du beaux temps, avec un maximum de gros cumulus, une bataille aérienne de bonnes et mauvaises ondes, alors que les premières années étaient au beau fixe.

          Lorsqu’ils arrivèrent au service des soins intensifs, une infirmière les reçut  très embarrassée…





5
Incompréhension

          L’air gêné de l’infirmière intrigua toute la famille, y avait-il du nouveau au sujet de la santé de Serena ? Elle ne put répondre, un homme assez imposant s’avança :

          Monsieur Courtois ? Je suis le commissaire Perlicchi, nous avons à parler

          Pourquoi la police s’était-elle déplacée ? Y avait-il un problème avec sa femme ? 

          C’est justement ce que nous voulons savoir…

          Serena aurait-elle dit qu’il était la cause de son malaise ?

          Non pas du tout… Elle a disparue….

          Quoi ? Les deux enfants tremblaient, leur mère ne pouvait avoir quitté la chambre, elle était trop faible ! Nelson en avait le souffle coupé !

          Le commissaire les regardait tour à tour. L’incompréhension se lisait sur tous les visages. Il connaissait bien la chanson mais là ils semblaient tous sincères. Nelson complètement abasourdi et furibond se tourna vers le médecin ! Ce dernier, confus, bafouillait une vague explication. Les infirmières n’avaient rien vu ! 
        
          Il y avait forcément quelqu’un qui savait…  le commissaire interrogea Nelson sur sa vie de couple. Avait-il eu des problèmes ? Pas plus que d’autres ménages, de légers conflits sauf… Le commissaire reprit :
          Sauf quoi monsieur Courtois ?

          Ce dernier repensait aux menaces de Florence. Il avait déclenché la tempête chez cette Diva tonitruante mais elle n’avait pas eu le temps matériel de s’en prendre à Serena puisqu’il venait de la voir. Tonio Perlicchi voulait en savoir davantage. Nelson raconta tout sans omettre un seul détail. Et les vêtements de sa femme ? Ils étaient là… De mieux en mieux !

          Une femme très affaiblie, en tenue d’hôpital avec une perfusion et  branchée à un électrocardiographe ne peut s’évanouir ainsi d’un hôpital ! C’est invraisemblable !

          Le commissaire d’accord avec lui :

          C’est pourquoi je suis là avec mes hommes, 

            Et sans le dire à haute voix : j’ai eu à résoudre une montagne d’affaires mais celle-ci c’est le pompon !

          La famille de Serena ? Les parents décédés alors juste une sœur cadette, Laurette, mais une vraie pollution pour leur existence, toujours à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Habitait-elle dans la région ? A une vingtaine de kilomètres de Metz, à Boulay. Que faisait-elle ? Ce qu’elle savait faire de mieux : rien en dehors de la médisance. Et sur quoi fondait-elle ses dires ? Elle soupçonnait Nelson de voleter d’une femme à l’autre… Elle ne pouvait vivre sans cancaner. Son mari Franck était gendarme. Cela promettait d’être scabreux !

          Le commissaire avait besoin de réfléchir sérieusement à la situation et Nelson le mettait  mal à l’aise avec ses questions :

          Qu’allez-vous faire dans l’immédiat ? Il faut prendre des dispositions pour rechercher Serena au plus vite et non essayer de s’infiltrer dans la brèche trop facile du mari infidèle !

          Tonio Perlicchi connaissait son métier et ce mec nerveux commençait sérieusement à le gonfler ! Il n’avait pas l’habitude de rester dans sa bulle mais cette histoire était aussi peu claire que possible alors pour ne blesser personne, il garda son calme et demanda à tous d’en faire autant et de rentrer chez eux. Il les convoquerait plus tard à l’hôtel de police dès qu’il aurait des nouvelles, c’était une façon diplomate de les envoyer promener !

          Les enfants ne se firent pas prier, l’odeur du chloroforme commençait sérieusement à les incommoder. Dans la voiture, pour éviter le silence étouffant, Nelson alluma le poste sur une ballade de Chopin. L’art lyrique et la musique classique avaient une action bienfaisante sur son stress. Il déposa les enfants respectivement devant chez eux puis partit à la galerie de peinture de son patron. Il lui devait une explication. Tandis qu’il admirait « la femme à la balançoire bleue », un tableau d’une jeune peintre en pleine évolution, il entendit la voix de Florence….

          Ah te voilà enfin ! As-tu fini de te lamenter sur le sort de ta pauvre épouse !

          Nelson agacé répondit brutalement :

          Disparue ma femme, plus dans sa chambre à l’hôpital et personne n’a la moindre idée du qui et comment, peut-être le sais-tu toi !

          Comment Nelson pouvait-il croire une telle ânerie ? Le patron arriva et entendit les derniers mots de Florence.

          Quelle idiotie ? Qu’a encore fait ma fille ?

          Comme toujours, avec son habituel raffinement dans la cruauté d’esprit, il l’accusait de tous les maux et la dévalorisait à la moindre occasion. Par contre, il compatit à la situation de son employé et lui donna quelques jours de congé. Florence allait répliquer mais la prestance de l’homme qui donnait les ordres l’arrêta dans son élan
.
          Nelson remercia son patron et quitta  la galerie avec l’élégance d’un éléphant dans un magasin de porcelaine trébuchant sur une marche et s’affalant sur le marbre ! La journée de M…. continuait avec une barbarie insoutenable !

          Il lui fallait conjurer le sort alors il décida de se rendre à la cathédrale. Etait-il croyant ? Par à coup, par période, quand une pluie de remords le tenaillait mais là c’était pour une faveur spéciale. Il mit une pièce dans l’urne et alluma une bougie près de l’autel de Notre-Dame de Bon-Secours, une Vierge du XVIè siècle, magnifique au regard doux, incitant à la prière :

          Vierge marie, je vous en supplie, faites en sorte que ma femme soit retrouvée, je l’aime tellement et j’ai tant de choses à lui dire… 

          Soudain le son de l’orgue suspendu se fit entendre. Il fixa l’élément renaissance en nid d’hirondelle éclairé par trois rosaces et se mit à trembler. Personne ne jouait ! En fermant les yeux il vit des gargouilles grimaçantes ! Il frissonna malgré sa veste de laine. Avait-il des hallucinations ? La fatigue et l’émotion sans doute.
          Il sortit du lieu saint et se retrouva sous un ciel gris d’orage, de vent assez violent. Les surprises continuaient !  Près du bar de la Lune il prit une « douche » par la gouttière dégoulinante. Il se réfugia vite dans sa voiture. Ses efforts pour démarrer furent vains. Zut, que de désagréments en si peu de temps ! Il attendit un moment puis tira à nouveau sur le démarreur…. Cette fois le moteur se mit en route. Il ne chercha pas à comprendre et quitta lentement la place quand il entendit : Monsieur attendez !


Que lui voulait cette femme inconnue agitant les bras en hurlant :

          Monsieur vous avez oublié votre sacoche sur le toit de votre voiture !

          Il la remercia gentiment. Décidément ce n'était pas une bonne journée!

          Du coup il fit marche arrière et se gara.  Des images du passé revenaient en masse. Cet incident lui rappelait celui de 1970. Ce jour-là, il disait au revoir à Serena après une visite chez ses parents quand il regarda dans le rétroviseur et vit la jeune fille gesticuler avec la sacoche à la main.

          C'est lors de cet incident qu'il s'aperçut que Serena avait les yeux rouges, comme si elle avait pleuré. La réunion de famille s'était pourtant bien passée et dans une ambiance détendue. Il lui fit signe de monter dans la voiture :

          Qu’as-tu ma chérie ? Tes parents ont-ils des objections quant à notre relation ?

          Non, le problème était ailleurs. Elle venait d'apprendre... qu'elle était enceinte. Nelson accusa le coup puis :

                     Et bien nous allons nous marier…

          Ce n'est pas ainsi que Serena imaginait la demande en mariage, surtout pas comme une obligation.
          
          Mon amour, nous y avions pensé, nous le ferons juste un peu plus tôt que prévu. Dans le fond c’est une bonne nouvelle.

          Après ce dernier coup de théâtre, il lui proposa d’aller boire un verre au centre ville. Assis à la terrasse du bar de l’Esplanade, ils devisaient gentiment sur les modalités de la cérémonie quand il y eut de l’animation dans la rue ! Les badauds, tels des abeilles attirées par le miel, s’agglutinaient autour de deux chauffeurs en train de se battre. Quelle manifestation de brutalité pour un simple accrochage ! Il n’y avait pas de blessé, juste des dégâts matériels ! Cela provoqua un embouteillage sur le bitume et s’en suivit la grogne d’un conducteur de bus dont les passagers néerlandais se retrouvaient interrompus dans leur visite de Metz.

          Serena, complètement indifférente au problème, proposa d'aller ailleurs, elle supportait de moins en moins le paysage urbain. Même l'esplanade regorgeait de monde, c'était la cohue partout. C'est pourquoi, dès qu'elle le pouvait, elle prenait  la fuite vers la campagne. Une ballade au jardin botanique serait mieux que de battre le pavé entre les immeubles en béton. la sérénité du parc floral l'attirait depuis toujours, beaucoup de souvenirs l'y rattachaient. Comme à l'époque de son adolescence, elle aimait flâner au milieu des fleurs multicolores et odorantes.

          Un coup de klaxon strident fit chuter Nelson dans la réalité du présent. Mal garé, il prenait deux places de parking! Il haussa les épaules et démarra. Tandis qu'il passait près de la gare et remontait la rue aux Arènes, la sonnerie de son mobile retentit. Il devait se rendre à l'Hôtel de Police en urgence. Il enragea car le commissariat se trouvait non loin de la cathédrale et maintenant il devait faire demi-tour alors qu'il était presque chez lui.
                   
          Reconnaissez-vous cette écriture ?

Nelson lut avec effarement la lettre que lui tendait le commissaire Perlicchi :

         
          Nelson est pourri, si vous croyez qu’il ignore où se trouve sa femme, vous faites erreur. C’est un menteur patenté, un instable constant. Serena voulait divorcer…. Renseignez vous auprès de son amie d’enfance…

          Une source sûre



          Evidemment en parfait anonymat !


6

Culpabilité débordante

          Tonio Perlicchi reprit la lettre et interrogea Nelson. Que penser d’une telle missive ?

-        Pour répondre à votre question, non je ne connais pas cette écriture. Des élucubrations d’une personne malveillante, Serena n’a jamais parlé de divorce. Elle a bien une amie d’enfance, revue une seule fois en 2006 et après presque quarante ans de séparation ! Conny Peeters, tel est son nom, ne connait rien de notre vie. La sagesse voudrait que l’on ne tienne pas compte d’une telle absurde missive.

-        Je connais mon métier monsieur Courtois, j’y attacherai l’importance qui lui convient et comme dit le proverbe « la plus subtile folie se fait de la plus subtile sagesse ». Avez-vous un numéro de téléphone à nous communiquer pour joindre cette madame Peeters ?

-        Je ne l’ai vu qu’une fois et furtivement, Elle vit en Hollande, à Hillgom je crois. Je ne sais rien d’autre.

          Le commissaire pensif : la lettre ne vient pas des Pays-Bas, le cachet est français. Il continua :
-        Avez-vous des amis à Saint-Avold ?

-        Il fit non de la tête puis s’exclama :

-        Oui c’est elle ! Je suis sûre que c’est elle ! Laurette ma belle-sœur à des amis dans cette ville ! C’est mon ennemie acharnée ! Une adversaire tenace et d’une méchanceté à toute épreuve ! je vais aller la voir…

-        Absolument pas ! NOUS allons la convoquer. N’aggravez pas une situation très peu à votre avantage. Laissez-nous faire notre métier. Rentrez chez vous.

          Chez lui ! Il déambulait d’une pièce à l’autre complètement désemparé dans cette maison vide. Serena où es-tu ? Comment avons-nous pu en arriver là ? Quel épouvantable fiasco!

          La culpabilité montait en degré. Depuis si longtemps il essayait de se faire pardonner son erreur de parcours et Serena tentait de l’oublier. Le jeu du chat et de la souris depuis des années risquait d’avoir une fin dramatique. Il se sentait responsable de cet échec cuisant de leur vie commune. Avec le temps il pensait retrouver la complicité qui existait entre eux mais à chacun de ses retards, même pour dix minutes, elle explosait et le doute qu’il voyait dans son regard l’anéantissait. Il aurait tant voulu ne jamais avoir commis cet adultère ! Trop entière, trop
Intransigeante, Serena ne parvenait à le lui pardonner. Il l’aimait comme un fou pourtant, savoir qu’elle allait lui faire encore et toujours des reproches lui ôtait tout plaisir de rentrer chez lui le soir. Partir six mois, avec elle, dernier recours avant la retraite, ailleurs, hors du cadre habituel aurait pu faire renaître une certaine joie dans le couple car vivre avec elle de jour et de nuit l’affolait dans la situation actuelle. Aurait-elle accepté ?

          Machinalement il prit le courrier qu’il venait de poser sur le guéridon de l’entrée. Une enveloppe bleu-ciel attira son attention. Le timbre oblitéré indiquait Sarre-Union. Comme celle arrivée au commissariat, l’adresse et le texte étaient d’une écriture inconnue. A regarder de plus près, peut-être écrite de la main gauche…

Très cher Nelson

Crois-tu pouvoir t’en sortir après avoir fait tant de mal à ta femme ? Tu sais parfaitement pourquoi elle a disparue et tu vas payer le prix fort. Tu vas souffrir comme tu l’as fait souffrir. Nous allons t’offrir une fin de vie exceptionnellement pénible !

A bon entendeur salut

  Nelson trébucha sur le Nous… Il appela aussitôt le commissaire.



Nouveaux éléments suite

          L’affaire prenait une autre tournure, un éclairage différent. Une petite lumière venait de s’allumer dans le cerveau inspiré de Tonio Perlicchi. Nelson ne savait sur quel pied danser. Que diable insinuait ce commissaire ? Connaissait-il le lac de Pierre Percée ? Ou son village ? Un minuscule temps d’arrêt,  Nelson Courtois comprit où voulait en venir le policier et répondit :

-        J’y connais surtout l’hôtel restaurant « Le chalet », un endroit paisible en dehors des périodes estivales.